En plus de chercher à diminuer l'impact environnemental de ses maisons, l'association Clairlieu Eco-défi s'intéresse également à la thématique de la biodiversité : vaste débat, engagé le 1er juillet par une balade dans les rues et parc de Clairlieu. Répondant à l'appel, une vingtaine d'habitants de Villers-Clairlieu se sont promenés, dans leur quartier pour explorer la biodiversité des lieux en présence de quatre experts invités par le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de Meurthe-et-Moselle (CAUE), partenaire de l'association clairlocoise.
Comme beaucoup de lotissements de la seconde moitié du XXème siècle, "ces lieux ne sont pas propices à une grande diversité de flore et de faune" constate Matthieu HUSSON, paysagiste CAUE. Beaucoup des plantations sont dues à des effets de mode, plutôt qu'à une culture adaptée aux caractéristiques du sol et du climat. D'ailleurs, si l'on observe bien, lorsqu'on les laisse faire, les plantes mieux adaptées commencent à coloniser les plantations d'origine. "Situé au pied du plateau calcaire, votre terrain est très caillouteux, avec un sol qui ressuie rapidement. Si vous voulez savoir quoi planter, allez voir sur le Plateau de Haye : toutes les espèces présentes pousseront à Clairlieu !" commente Roselyne PIERREL, chargée d'études au service Espaces naturels sensibles du Conseil général de Meurthe-et-Moselle. L'homme n'est qu'un maillon d'une chaîne. Sa subsistance est étroitement liée à celle des autres maillons. C'est la raison pour laquelle il faut lutter contre l'érosion de la biodiversité. Planter des essences différentes de végétaux, en évitant l'incontournable thuya, clone dupliqué à grande échelle et qui a montré il y a quelques années sa grande fragilité. Mais également favoriser la présence d'une diversité animale. "Les arbustes à baie sont évidemment une nourriture de choix pour les oiseaux" explique Philippe MALENFERT du Centre ornithologique lorrain, qui nous invite à regarder la nature : "voir les stratégies que mettent en place les espèces pour survivre est passionnant !". Et n'oublions pas nos amies les abeilles qui assurent une part de la reproduction de plantes. Installer une diversité permet par exemple d'attirer des oiseaux prédateurs d'insectes non désirables. Ils sont alors dénommés "auxiliaires" et permettent de limiter considérablement le recours aux produits chimiques, comme les coccinelles qui adorent les pucerons. Christophe BOREL de la Commission de protection des eaux, du patrimoine, de l'environnement, du sous-sol et des chauves-souris (CPEPESC) constate, en revanche, que "les pavillons des années 1970 ne sont guère adaptés au gîte des chauves-souris, contrairement aux vieilles maisons du Saintois, voire même aux blockhaus. C'est certainement dommage, car la Lorraine ne possédant que peu de grottes, celles-ci recherchent de quoi se loger l'hiver."
La promenade s'est terminée par des exposés en salle, à l'école Pagnol, suivis de riches débats et d'une envie de ne pas en rester là. A suivre…
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